La Pensée-Matisse
Par Éric Alliez et Jean-Claude Bonne
|
Éditions Le Passage
Deux volumes sous coffret : un volume de texte de 384 pages
|
Le livre Pourquoi écrire encore un livre sur Matisse aujourd’hui ? Enjeu philosophique, pour autant que les œuvres et les écrits de Matisse assurent dans la longue durée du XXe siècle la continuité d’une pensée vitaliste, reconnue par l’intermédiaire de Nietzsche, de Bergson, et plus tard de Dewey, en un temps où elle est absente, en France, de l’histoire de la philosophie. Avant que Deleuze n’en renoue le fil. Remise en jeu de l’art, pour autant que la Pensée-Matisse est immanente à une pratique révolutionnaire irréductible à la dite « libération de la couleur ». « Fondement de tout » selon Matisse, le fauvisme est affaire de construction des couleurs/signes en rapports de forces dont le pouvoir expressif est intrinsèquement vital et non pas purement pictural. Cette énergétique, dans laquelle « la différence de quantité de la couleur fait sa qualité », conduit Matisse à un devenir-décoratif qui, à l’encontre du formalisme moderniste, tend à éliminer toute opposition entre l’intérieur et l’extérieur de l’œuvre pour que celle-ci prenne « possession de l’espace ». L’art s’y trouve relancé dans une expérience singulière du commun. Un art environnemental contre le culte de l’Image. Loin de toute passion romantique, excéder, en somme, la clôture de l’art et de la philosophie pour les mettre hors d’eux-mêmes. Jean-Claude Bonne, historien de l’art, est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris. Ouvrage publié avec le soutien du Centre national des arts plastiques et de la Fondation Evens.
|




